Ruben Toledano, expert-comptable

Expert-comptable diplômé (DEC), fondateur de GlobalFi Expert à Levallois-Perret et inscrit à l’Ordre des experts-comptables d’Île-de-France. Son mémoire d’expertise comptable, consacré aux risques de gestion interne dans la restauration haut de gamme, fonde la mission d’analyse dédiée aux restaurateurs proposée par le cabinet. Il accompagne TPE, indépendants, commerçants et créateurs d’entreprise en comptabilité, fiscalité, paie et pilotage, à Levallois-Perret et dans toute l’Île-de-France.

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Ses articles

  • Business plan : la structure qui convainc un banquier

    Business plan : la structure qui convainc un banquier

    La structure d’un business plan destiné à un banquier suit une logique constante : executive summary d’une page, porteur de projet, marché, moyens, prévisionnel financier, cadre juridique, annexes. Aucun texte ne l’impose, mais le banquier cherche trois réponses en quelques minutes : cohérence du projet, capacité de remboursement, niveau d’apport personnel.

    Pourquoi la structure du business plan pèse autant dans la décision du banquier

    Aucun texte n’impose une structure légale au business plan destiné à un banquier. Bpifrance Création recommande simplement un document « clair, complet, structuré et vendeur », sans règle absolue sur l’ordre des parties. Cette liberté est à double tranchant : elle laisse le porteur de projet construire son dossier comme il l’entend, mais elle l’expose aussi au risque de perdre le lecteur en cours de route.

    Le banquier ne cherche pas un document exhaustif. Il cherche trois réponses : le projet est-il cohérent, l’entreprise pourra-t-elle rembourser, et l’apport personnel est-il suffisant. Une structure de business plan qui répond à ces trois questions dans les premières pages capte l’attention avant même d’entrer dans le détail financier.

    Cette exigence s’est renforcée avec une décision de la Cour de cassation du 11 décembre 2024, qui a précisé l’étendue du devoir de mise en garde du banquier lors de l’octroi d’un prêt. Concrètement, l’établissement prêteur doit vérifier que le financement correspond aux capacités réelles de l’emprunteur. Un business plan flou, avec des prévisions trop optimistes, complique cette vérification et retarde la décision.

    Les sections attendues dans un business plan structure banquier

    Les praticiens de la création d’entreprise — Bpifrance Création en tête, relayée par les réseaux d’accompagnement — convergent vers une architecture commune. Elle ne remplace pas votre argumentaire, elle l’organise pour qu’un banquier retrouve ses repères en quelques minutes.

    Section Ce qu’elle doit démontrer
    Executive summary Le projet, le besoin de financement et la rentabilité résumés en une page
    Présentation du porteur de projet Expérience, compétences, motivation
    Projet et étude de marché Clientèle visée, concurrence, positionnement
    Moyens humains et matériels Ressources nécessaires pour produire et vendre
    Prévisionnel financier Compte de résultat sur 3 ans, plan de trésorerie sur 12 mois, seuil de rentabilité, plan de financement à 3 ans
    Partie juridique Statut choisi et conséquences sur la responsabilité
    Sommaire et annexes Navigation dans le dossier et pièces justificatives

    Le prévisionnel financier reste la section que le banquier consulte le plus longtemps. Il veut voir le compte de résultat sur 3 ans, un plan de trésorerie sur 12 mois pour vérifier qu’aucun creux ne mettra l’entreprise en difficulté, le seuil de rentabilité, et un plan de financement à 3 ans qui confronte les ressources aux besoins.

    La partie juridique compte aussi. Le statut retenu — micro-entreprise, EURL, SASU — influence la lecture du dossier, en particulier sur la responsabilité et la fiscalité. Si votre activité démarre en micro-entreprise, notre article micro-entreprise : jusqu’où aller avant de passer en société détaille les seuils qui justifient un changement de statut avant de solliciter un financement. Si vous hésitez entre deux formes de société, SASU ou EURL : le comparatif complet pour choisir en 2026 peut orienter votre choix en amont du rendez-vous. Et si l’adresse du siège reste à finaliser pour joindre le K-bis en annexe, Domiciliation d’entreprise : quelles options choisir en 2026 ? répond aux questions pratiques.

    Les chiffres clés que tout banquier va vérifier

    Au-delà de la structure, le banquier confronte votre dossier à des ratios de référence. Ils ne sont pas fixés par un texte réglementaire unique, mais les professionnels les citent de façon constante.

    Indicateur Repère usuel Contexte
    Apport personnel environ 30 % du besoin de financement Hors microcrédit, pratique générale des banques en 2026
    Excédent ressources/CAF 15 à 20 % la première année Doit s’accentuer les années suivantes
    Endettement à terme (reprise) 3 à 4 années de CAF prévisionnelle Pratique générale des financeurs
    Ratio fonds propres/dettes MLT ≥ 1 Indicateur d’autonomie financière
    Durée des prêts bancaires de création 2 à 7 ans Hors acquisitions immobilières
    Taux moyen des nouveaux crédits PME 3,51 % Mars 2026, toutes maturités confondues

    Une absence totale de fonds propres est considérée comme rédhibitoire par le banquier, quelle que soit la qualité du reste du dossier. À l’inverse, un prêt d’honneur renforce vos fonds propres avant même de solliciter la banque : le montant moyen tourne autour de 10 000 € via Initiative France, et peut atteindre en moyenne 29 000 € via Réseau Entreprendre. Ce type de prêt déclenche un effet de levier estimé entre 9,5 € et 13 € de financement bancaire complémentaire pour chaque euro obtenu.

    Pour les besoins plus modestes, le microcrédit professionnel est plafonné à 17 000 € depuis un décret du 4 décembre 2024, remboursable sur 5 ans maximum. Le contexte reste plutôt favorable pour boucler un plan de financement : selon la Banque de France, le taux d’obtention des crédits d’investissement par les PME atteignait 98 % au premier trimestre 2026, en totalité ou à plus de 75 % du montant demandé.

    Les erreurs rédhibitoires qui font échouer un business plan devant le banquier

    Certaines erreurs reviennent si souvent qu’elles suffisent à elles seules à faire échouer un dossier par ailleurs bien construit :

    • Sous-estimer les besoins de financement, en particulier la trésorerie de démarrage, pour présenter un endettement plus flatteur. Le banquier le repère vite et perd confiance dans le reste du dossier.
    • Solliciter la banque trop tardivement, une fois les difficultés déjà installées. Un rendez-vous pris dans l’urgence laisse peu de marge de négociation.
    • Présenter un dossier incohérent entre la stratégie affichée, le projet personnel du dirigeant et les caractéristiques réelles de l’entreprise.
    • Se focaliser uniquement sur le produit, en supposant que le marché suivra automatiquement, sans démonstration chiffrée de la demande.
    • Se présenter sans aucun apport personnel : le signal envoyé est celui d’un projet que le porteur ne finance pas lui-même.
    • Remettre un dossier trop long, « un pavé », qui installe d’emblée un préjugé défavorable chez le banquier.
    • Aller seul au rendez-vous, sans accompagnement d’un expert-comptable ou d’une structure d’accompagnement à la création.
    • Ne pas savoir répondre avec précision sur le seuil de rentabilité ou le besoin en fonds de roulement (BFR) quand le banquier pose la question.

    Comment préparer un dossier qui rassure avant le rendez-vous

    La bonne nouvelle : la plupart de ces erreurs se corrigent avant l’entretien, pas pendant. Trois réflexes suffisent à transformer un dossier moyen en dossier convaincant.

    D’abord, rédigez l’executive summary en dernier, mais placez-le en premier dans le document. Il doit tenir sur une page et répondre aux trois questions du banquier : cohérence du projet, capacité de remboursement, niveau d’apport personnel.

    Ensuite, préparez les réponses aux questions techniques avant le rendez-vous : seuil de rentabilité, BFR, ratio fonds propres/dettes MLT. Un dirigeant qui hésite sur ces points fragilise instantanément la crédibilité de son prévisionnel — exactement ce que la jurisprudence de décembre 2024 invite les banquiers à vérifier avant d’accorder un prêt.

    Enfin, faites relire le dossier par un expert-comptable avant transmission. Il repère les incohérences entre les sections, vérifie que le plan de financement à 3 ans respecte les ratios attendus, et peut vous accompagner au rendez-vous — un appui que les banquiers valorisent, car il atteste du sérieux de la démarche.

    Faisons le point sur votre business plan avant votre rendez-vous bancaire

    GlobalFi Expert accompagne les dirigeants de TPE-PME de Levallois-Perret et des Hauts-de-Seine dans la construction de leur business plan, de l’executive summary au plan de financement à 3 ans. Notre équipe pilotage et digital vérifie la cohérence de chaque section avant votre rendez-vous bancaire et prépare avec vous les réponses aux questions techniques que le banquier posera forcément.

    Échangeons sur votre projet et sur la structure la mieux adaptée à votre secteur. Nous accompagnons de près les créateurs du commerce, du BTP, de l’e-commerce et de la restauration, un secteur où l’analyse des risques internes et de la rentabilité pèse lourd dans la lecture du prévisionnel par la banque.
    GlobalFi Expert, cabinet d’expertise comptable dirigé par Ruben Toledano : 6 rue Maryse Hilsz, 92300 Levallois-Perret. Prise de rendez-vous sur place, en visioconférence ou par téléphone, pour les dirigeants de Levallois-Perret, des Hauts-de-Seine et de toute l’Île-de-France.

    Questions fréquentes

    Faut-il respecter un ordre précis pour les sections du business plan ?

    Non, aucun texte n’impose un ordre. Bpifrance Création recommande un document clair et structuré, mais l’important reste que l’executive summary et le prévisionnel financier soient faciles à localiser pour le banquier.

    Quel apport personnel prévoir avant de rencontrer un banquier ?

    La pratique générale des banques se situe autour de 30 % du besoin de financement total, hors microcrédit. Ce niveau peut varier selon le secteur et le profil du projet.

    Le business plan doit-il inclure un plan de trésorerie ?

    Oui. Le plan de trésorerie sur 12 mois fait partie des documents attendus dans le prévisionnel financier, aux côtés du compte de résultat sur 3 ans, du seuil de rentabilité et du plan de financement à 3 ans.

    Un business plan trop long nuit-il au dossier ?

    Oui, un dossier perçu comme « un pavé » installe d’emblée un préjugé défavorable chez le banquier. Mieux vaut un document structuré et synthétique, complété par des annexes pour le détail.

    Faut-il se faire accompagner pour présenter un business plan à un banquier ?

    Aller seul au rendez-vous, sans accompagnement d’un expert-comptable ou d’une structure dédiée, figure parmi les erreurs fréquemment relevées par les professionnels de l’accompagnement.

    Combien de pages doit faire un business plan pour un banquier ?

    Il n’existe pas de norme. Dans la pratique, un dossier de 15 à 25 pages suffit, avec un executive summary tenant sur une page et le détail renvoyé en annexes. Un document perçu comme un pavé installe un préjugé défavorable. La lisibilité prime sur l’exhaustivité, surtout dans le prévisionnel financier.

    Un expert-comptable peut-il rédiger mon business plan ?

    Oui. L’expert-comptable construit le prévisionnel financier, vérifie la cohérence entre les sections et contrôle les ratios attendus par la banque. Il peut aussi vous accompagner au rendez-vous. Cet appui atteste du sérieux de la démarche et rassure le prêteur, qui doit vérifier l’adéquation du financement à vos capacités réelles.

    Que répondre si le banquier demande mon seuil de rentabilité ?

    Donnez le chiffre d’affaires mensuel à partir duquel les charges fixes sont couvertes, puis le mois où votre prévisionnel l’atteint. Ajoutez votre besoin en fonds de roulement et le ratio fonds propres sur dettes à moyen et long terme. Une hésitation sur ces trois points fragilise immédiatement la crédibilité du prévisionnel.

    Sources

  • Passer de micro entreprise à société : les seuils 2026

    Passer de micro entreprise à société : les seuils 2026

    Passer de micro entreprise à société est une question qui revient à chaque palier de croissance. La réponse ne tient pas à une intuition. Elle repose sur quatre curseurs : le chiffre d’affaires, la franchise de TVA, les cotisations sociales et la fiscalité du bénéfice. Ces quatre paramètres s’apprécient séparément. Au 8 septembre 2026, ces paramètres ont bougé et rendent l’arbitrage plus technique qu’il y a trois ans. Ce point fait la synthèse des seuils applicables, des signaux qui doivent alerter et du calendrier à suivre pour organiser la transition sans rupture d’activité.

    Pourquoi la question se pose différemment en 2026

    Le régime micro-fiscal a longtemps été pensé comme un tout cohérent : un seul plafond de chiffre d’affaires conditionnait à la fois le régime d’imposition simplifié et la franchise de TVA. Ce n’est plus le cas. Depuis la loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025, qui a définitivement annulé le projet de seuil unique de franchise TVA à 25 000 €, les deux mécanismes fonctionnent de manière totalement déconnectée. Un micro-entrepreneur peut aujourd’hui rester sous le régime micro-fiscal tout en facturant la TVA, ou inversement continuer à bénéficier de la franchise tout en approchant le plafond de chiffre d’affaires. Décider de passer de micro-entreprise à société suppose donc de raisonner sur plusieurs curseurs indépendants, et non plus sur un seuil unique.

    À cela s’ajoute la hausse des cotisations sociales 2026 pour une partie des indépendants, qui modifie le calcul de rentabilité comparé entre statut individuel et société. La question n’est plus seulement « ai-je dépassé le seuil ? » mais « la structure micro-entreprise reste-t-elle la plus efficace pour mon activité ? ».

    Les seuils de chiffre d’affaires 2026-2028 : la limite haute du régime micro

    Le premier repère reste le plafond de chiffre d’affaires du régime micro-BIC/micro-BNC. Pour la période triennale 2026-2028, ces seuils ont été relevés par rapport à la période 2023-2025 :

    Seuil micro-fiscal 2023-2025 (revenus 2025) 2026-2028
    Vente de marchandises, hébergement 188 700 € 203 100 €
    Prestations de services BIC/BNC 77 700 € 83 600 €

    Ce relèvement retarde mécaniquement le moment où un dépassement contraint la sortie du régime micro-fiscal. Concrètement, le dépassement du seuil pendant deux années consécutives entraîne un passage au régime réel d’imposition (ou à la déclaration contrôlée pour les BNC) à compter du 1er janvier suivant. Ce basculement fiscal ne signifie pas automatiquement passer de micro-entreprise à société : l’entrepreneur individuel peut très bien rester en nom propre, mais sous un régime réel d’imposition, avec une comptabilité d’engagement à tenir. La transformation en société est une décision distincte, qui répond à d’autres logiques (association, protection du patrimoine, optimisation du résultat).

    Un point de vigilance : ces seuils s’apprécient sur le chiffre d’affaires N-1 ou N-2, ce qui laisse un peu de visibilité pour anticiper. Un dirigeant qui approche 190 000 € ou 80 000 € en 2026 doit donc surveiller sa trajectoire sur deux exercices avant de subir une sortie de plein droit.

    Franchise en base de TVA : un mécanisme désormais autonome

    La franchise en base de TVA obéit à ses propres seuils, sans lien direct avec les plafonds micro-fiscaux ci-dessus. Pour 2026, ils s’établissent ainsi :

    Franchise en base de TVA Seuil de base Seuil majoré
    Vente de marchandises, hébergement 85 000 € 93 500 €
    Prestations de services 37 500 € 41 250 €

    Le dépassement du seuil de base n’entraîne pas de sortie immédiate : c’est le franchissement du seuil majoré, ou le dépassement du seuil de base pendant deux années consécutives, qui fait basculer dans le régime réel de TVA. Ce mécanisme, précisé par la doctrine administrative (BOFiP, série BOI-TVA-DECLA-40-10), reste indépendant du régime micro-fiscal depuis l’annulation de la réforme du seuil unique.

    Ce découplage change la donne pour l’arbitrage. Un micro-entrepreneur en prestations de services qui facture au-delà de 37 500 € de chiffre d’affaires doit collecter la TVA, sans pour autant perdre son régime micro-fiscal tant qu’il reste sous 83 600 €. Il peut alors déduire la TVA sur ses achats professionnels, ce qui rapproche mécaniquement son fonctionnement de celui d’une société, sans en avoir la structure. Ce point mérite d’être vérifié avant toute décision de passer de micro-entreprise à société : la facturation de la TVA seule ne justifie pas nécessairement la création d’une structure.

    Un dernier élément de prudence : la loi de finances pour 2026, encore en discussion au moment de la rédaction de cet article, pourrait de nouveau modifier ces seuils de franchise. Toute projection à moyen terme doit intégrer cette incertitude.

    Cotisations sociales 2026 : la hausse qui pèse sur l’équation

    Le régime social du micro-entrepreneur repose sur un taux forfaitaire appliqué au chiffre d’affaires encaissé, sans lien avec les charges réelles. Ce taux a évolué au 1er janvier 2026 : les micro-entrepreneurs relevant des BNC hors Cipav voient leur taux global de cotisations passer à 25,6 %, contre 24,6 % en 2025, dans le cadre d’une réforme plus large de l’assiette sociale des indépendants.

    Cette hausse réduit l’écart avec une société, en particulier pour les activités à charges réelles significatives (matériel, sous-traitance, local professionnel). En micro-entreprise, ces charges ne sont pas déduites : seul un abattement forfaitaire s’applique sur le chiffre d’affaires pour déterminer le revenu imposable. Dès que les charges réelles dépassent cet abattement, le régime micro devient structurellement défavorable, et l’écart se creuse encore avec la hausse 2026 des cotisations. C’est l’un des signaux les plus fiables pour envisager de passer de micro-entreprise à société : quand les frais professionnels réels excèdent l’abattement forfaitaire retenu par l’administration fiscale.

    Les signaux qualitatifs qui doivent déclencher la réflexion

    Les seuils chiffrés ne sont pas les seuls déclencheurs. Plusieurs signaux structurels doivent conduire à envisager une transformation, indépendamment du niveau de chiffre d’affaires :

    • Le besoin de s’associer. L’entreprise individuelle, y compris sous régime micro, ne permet pas d’accueillir un associé. Dès qu’un projet implique un partenaire, un investisseur ou un salarié appelé à devenir associé, la création d’une société (SASU, EURL, SARL) devient la seule option juridique.
    • Le besoin de déduire la TVA sur des investissements lourds. Passer en société à l’IS, avec option pour le régime réel de TVA, permet de récupérer la TVA sur des achats importants (matériel, véhicule professionnel, travaux), ce que le régime micro ne permet pas au même degré, même après dépassement du seuil de franchise.
    • La protection du patrimoine personnel. Si le statut d’entrepreneur individuel offre déjà une séparation de principe entre patrimoine personnel et professionnel, la société à responsabilité limitée (SASU, EURL, SARL) structure cette séparation de manière plus lisible pour les partenaires financiers et les créanciers professionnels.
    • La volonté de piloter la rémunération. En société, le dirigeant peut arbitrer entre rémunération et dividendes, avec un impact direct sur l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux. Ce choix n’existe pas en micro-entreprise, où le chiffre d’affaires encaissé détermine mécaniquement les cotisations dues.
    • Le besoin de crédibilité commerciale. Certains donneurs d’ordre, en particulier dans le B2B, exigent une structure sociétaire pour contractualiser, notamment sur des marchés publics ou des appels d’offres.

    Ces signaux, cumulés aux seuils chiffrés, permettent de bâtir un dossier de décision robuste plutôt que de réagir dans l’urgence à un dépassement de seuil.

    Micro-entreprise ou société à l’IS : ce que ça change concrètement

    Une fois la société créée et soumise à l’impôt sur les sociétés, la fiscalité du bénéfice obéit à une logique différente de celle du chiffre d’affaires encaissé en micro-entreprise. Le taux réduit de 15 % s’applique jusqu’à 42 500 € de bénéfice, sous deux conditions cumulatives : un chiffre d’affaires inférieur à 10 millions d’euros et un capital détenu à 75 % au moins par des personnes physiques. Au-delà de 42 500 € de bénéfice, le taux normal de 25 % s’applique.

    Régime Base d’imposition Taux applicable
    Micro-entreprise (cotisations sociales) Chiffre d’affaires encaissé 25,6 % pour les BNC hors Cipav (2026)
    Société à l’IS – taux réduit Bénéfice, jusqu’à 42 500 € 15 % (sous conditions de CA et de capital)
    Société à l’IS – taux normal Bénéfice, au-delà de 42 500 € 25 %

    Cette comparaison illustre un point souvent négligé : en micro-entreprise, les cotisations sont assises sur le chiffre d’affaires, encaissé même en l’absence de bénéfice réel. En société à l’IS, l’imposition porte sur le bénéfice net, après déduction des charges. Pour une activité à marge faible ou à charges élevées, cette différence de base peut suffire à justifier de passer de micro-entreprise à société, indépendamment même du niveau de chiffre d’affaires atteint.

    Le choix de la forme sociale (SASU, EURL, SARL) influence ensuite le régime social du dirigeant et la fiscalité des distributions de dividendes. Ces points sont détaillés dans notre comparatif SASU ou EURL : le comparatif complet pour choisir en 2026, et dans notre article sur le choix entre PFU et barème progressif pour les dividendes, à consulter une fois la forme sociale arrêtée.

    Calendrier de transition : les étapes pour passer de micro-entreprise à société

    Décider de passer de micro-entreprise à société suppose une préparation en amont, pas une bascule improvisée au moment du dépassement de seuil. Les étapes suivent un enchaînement logique :

    1. Diagnostic chiffré. Comparer, sur un exercice type, les cotisations sociales dues en micro-entreprise et la charge fiscale et sociale estimée en société, en tenant compte du taux réduit d’IS à 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice et du taux normal de 25 % au-delà.
    2. Choix de la forme juridique. Arbitrer entre société unipersonnelle (EURL, SASU) et société pluripersonnelle (SARL, SAS) selon le nombre d’associés prévu et le régime social souhaité pour le dirigeant.
    3. Rédaction des statuts et constitution du capital. Cette étape formalise la gouvernance, la répartition du capital et les modalités de prise de décision, points absents du régime micro-entrepreneur.
    4. Immatriculation de la nouvelle société auprès du guichet unique, avec obtention d’un nouveau numéro Siren distinct de celui de la micro-entreprise.
    5. Cessation d’activité de la micro-entreprise, avec déclaration de cessation auprès de l’Urssaf et clôture des obligations déclaratives propres au régime micro.
    6. Transfert des contrats en cours (clients, fournisseurs, bail éventuel) vers la nouvelle structure, avec vigilance sur la continuité contractuelle et la domiciliation de la société. Ce dernier point est détaillé dans notre article sur les options de domiciliation adaptées à une société.
    7. Mise en place de la comptabilité d’engagement, obligatoire en société, avec un expert-comptable qui accompagne l’ouverture des comptes et le premier exercice.

    Anticiper ce calendrier avant le franchissement effectif des seuils micro-fiscaux évite une double contrainte administrative : gérer la fin du régime micro et la montée en charge de la société sur le même exercice. Les dirigeants qui anticipent la bascule en cours d’année civile, plutôt qu’au moment du constat de dépassement, limitent aussi le risque de vigilance accrue de l’administration sur la cohérence des seuils déclarés, un point abordé dans notre article sur les 7 points que l’administration regarde en premier lors d’un contrôle fiscal.

    Faire le point avec un expert-comptable avant de basculer

    Les seuils 2026-2028, la franchise de TVA désormais autonome et la hausse des cotisations sociales rendent l’arbitrage plus technique qu’auparavant. Passer de micro-entreprise à société n’est jamais une décision purement mécanique : elle dépend du niveau de charges réelles, du projet d’association, du besoin de déduire la TVA et de la structure de rémunération souhaitée par le dirigeant. GlobalFi Expert est un cabinet d’expertise comptable dédié aux TPE, PME, indépendants et professions libérales. Nous accompagnons le diagnostic chiffré, l’immatriculation de la société et le premier exercice comptable. Nous intervenons à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, à Paris et en Île-de-France, auprès des e-commerçants, des entreprises du BTP et de la restauration, un secteur que nous accompagnons de près sur l’analyse de rentabilité et des risques internes. Pour vérifier seuil par seuil si le moment est venu de passer de micro entreprise à société, contactez Ruben Toledano : GlobalFi Expert, 6 rue Maryse Hilsz, 92300 Levallois-Perret.

    Questions fréquentes

    Faut-il attendre le dépassement du seuil pour passer de micro-entreprise à société ?

    Non. Les seuils de chiffre d’affaires 2026-2028 (203 100 € ou 83 600 € selon l’activité) déclenchent une sortie automatique du régime micro-fiscal en cas de dépassement deux années consécutives, avec effet au 1er janvier suivant. Mais la décision de créer une société peut intervenir plus tôt, dès que les signaux qualitatifs (associés, TVA déductible, protection sociale) l’exigent.

    Le dépassement du seuil de franchise en base de TVA fait-il perdre le régime micro-entrepreneur ?

    Non. Depuis la loi du 3 novembre 2025, les deux mécanismes sont totalement déconnectés. Un micro-entrepreneur peut facturer la TVA à partir des seuils de franchise (85 000 €/93 500 € pour la vente, 37 500 €/41 250 € pour les services en 2026) tout en restant sous le régime micro-fiscal tant qu’il ne dépasse pas 203 100 € ou 83 600 €.

    Une société est-elle toujours plus intéressante fiscalement qu’une micro-entreprise ?

    Pas automatiquement. Le taux réduit d’impôt sur les sociétés de 15 % s’applique jusqu’à 42 500 € de bénéfice, sous conditions de chiffre d’affaires et de détention du capital, le taux normal de 25 % s’appliquant au-delà. L’intérêt dépend du niveau de charges réelles, de la politique de rémunération et du besoin de réinvestir les bénéfices.

    Peut-on créer une société seul sans quitter le statut d’indépendant ?

    Oui, via une EURL ou une SASU, qui permettent d’exercer seul sous forme sociétaire. En revanche, l’entreprise individuelle ne permet pas de s’associer : dès qu’un projet implique plusieurs associés, la transformation en société devient nécessaire.

    Quand la hausse des cotisations sociales 2026 doit-elle peser dans l’arbitrage ?

    Le taux de cotisations des micro-entrepreneurs BNC hors Cipav est passé à 25,6 % au 1er janvier 2026, contre 24,6 % en 2025. Cette hausse réduit l’écart de charge avec une société, notamment pour les activités à charges réelles élevées, et doit être intégrée au calcul de rentabilité comparé.

    À partir de quel chiffre d’affaires faut-il passer de micro entreprise à société ?

    Aucun seuil n’impose la création d’une société. Le dépassement de 203 100 € en vente ou 83 600 € en prestations pendant deux années consécutives fait sortir du régime micro-fiscal, mais l’activité peut continuer en entreprise individuelle au régime réel. La société se justifie surtout quand les charges réelles dépassent l’abattement forfaitaire.

    Peut-on garder sa micro-entreprise et créer une société en parallèle ?

    Oui, juridiquement rien ne l’interdit. En pratique, deux structures actives multiplient les obligations déclaratives et brouillent la répartition du chiffre d’affaires, avec un risque de requalification si les activités sont identiques. Le schéma le plus lisible reste la cessation de la micro-entreprise après transfert des contrats vers la société.

    Quel coût prévoir pour passer de micro entreprise à société ?

    Il faut compter les frais d’immatriculation au guichet unique, la publication d’annonce légale, la rédaction des statuts et, à partir du premier exercice, la tenue d’une comptabilité d’engagement. Ces coûts fixes se comparent à l’économie de cotisations attendue : le diagnostic chiffré doit précéder toute décision.

    Sources

  • Contrôle fiscal entreprise : 7 points vérifiés en premier

    Contrôle fiscal entreprise : 7 points vérifiés en premier

    Recevoir un avis de vérification met sous tension n’importe quel dirigeant. Pourtant, un contrôle fiscal entreprise suit un cadre légal strict, qui encadre les pouvoirs de l’administration autant qu’il protège le contribuable. Connaître le déroulé de la procédure, ses droits et les pièces à réunir change tout dans la façon d’aborder ce moment.

    Comment se déroule un contrôle fiscal d’entreprise

    Un contrôle fiscal entreprise commence toujours par un envoi formel. L’administration doit remettre au contribuable un avis de vérification et la charte des droits et obligations du contribuable vérifié avant d’engager la moindre vérification de comptabilité, examen de comptabilité ou examen de situation fiscale personnelle. Cette formalité, prévue à l’article L10 du LPF, n’est pas accessoire : son absence peut entraîner la nullité de toute la procédure.

    Une fois l’avis reçu, un délai raisonnable doit s’écouler avant que le vérificateur n’entre dans l’examen au fond des documents. Le Conseil d’État a fixé ce délai à un minimum de deux jours francs ou ouvrés. Ce temps sert à un objectif précis : permettre au dirigeant de s’organiser et de contacter un conseil.

    Le contrôle se déroule ensuite généralement dans les locaux de l’entreprise, sur la base des documents comptables, des factures, des contrats et des déclarations fiscales. À l’issue de la vérification, l’administration adresse soit un avis d’absence de rectification, soit une proposition de rectification détaillant les montants et pénalités envisagés.

    Les 7 points que l’administration regarde en premier

    Sans dévoiler une méthodologie secrète, les vérificateurs concentrent systématiquement leur attention sur des zones à risque récurrentes lors d’un contrôle fiscal entreprise :

    1. La cohérence entre chiffre d’affaires déclaré et flux bancaires. Les écarts non justifiés attirent l’attention en premier lieu.
    2. La justification des charges déductibles, notamment celles dont le lien avec l’activité professionnelle n’est pas évident.
    3. Le traitement de la TVA, en particulier les régularisations, les taux appliqués et les exonérations.
    4. Les rémunérations et avantages du dirigeant, souvent examinés pour vérifier leur cohérence avec le résultat de l’entreprise.
    5. Les opérations intragroupe ou avec des parties liées, où le risque de transfert de bénéfices est surveillé.
    6. La conservation des pièces justificatives, dont l’absence peut priver la comptabilité de sa valeur probante.
    7. Les déclarations relatives aux comptes ou actifs détenus à l’étranger, un point sensible qui conditionne notamment l’application du délai de reprise étendu.

    Ces sept axes ne sont pas exhaustifs, mais ils reviennent dans la grande majorité des contrôles fiscaux d’entreprise, quel que soit le secteur d’activité.

    Vos droits pendant le contrôle fiscal

    Un contrôle fiscal entreprise n’est pas une procédure à sens unique. Le dirigeant dispose de garanties concrètes, prévues par le Livre des procédures fiscales.

    Le droit de se faire assister d’un conseil de son choix figure au premier rang. L’article L47 du LPF précise que ce conseil n’a pas besoin d’appartenir à une profession réglementée : un expert-comptable peut donc accompagner le dirigeant tout au long de la vérification, du premier échange jusqu’à la réponse à la proposition de rectification.

    Le respect du délai raisonnable avant l’examen au fond constitue une deuxième garantie. Un vérificateur qui commencerait à examiner les documents comptables avant l’expiration de ce délai s’expose à une contestation de la procédure.

    Enfin, la durée même du contrôle est encadrée pour les PME. Pour les entreprises relevant du régime simplifié d’imposition, la vérification sur place ne peut excéder trois mois. Ce délai est porté à six mois uniquement lorsque la comptabilité présente de graves irrégularités qui lui font perdre sa valeur probante.

    Garantie Base légale Point clé
    Remise de la charte du contribuable vérifié Article L10 du LPF Obligatoire avant tout contrôle, sous peine de nullité
    Assistance d’un conseil Article L47 du LPF Conseil libre, non réservé à une profession réglementée
    Délai raisonnable avant examen au fond Jurisprudence Conseil d’État Minimum deux jours francs ou ouvrés
    Durée limitée de vérification (PME régime simplifié) Article L52 du LPF Trois mois, six mois si comptabilité gravement irrégulière

    Délais, prescription et durée du contrôle

    Jusqu’où l’administration peut-elle remonter ?
    Le délai de reprise de droit commun est de trois ans. Il concerne l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés et la TVA. Passé ce délai, l’imposition ne peut plus, en principe, être rectifiée.
    Ce délai passe à dix ans dans trois situations : activité occulte, fausse domiciliation fiscale à l’étranger, flagrance fiscale. Ces cas restent l’exception. Ils supposent une caractérisation par l’administration, pas une simple erreur de déclaration.

    Pour les exercices clos au titre de 2023, le délai de reprise triennal arrive à échéance fin 2026, sauf prorogation liée à l’un des cas cités ci-dessus. C’est un repère utile pour savoir quels exercices restent exposés à un contrôle fiscal entreprise à l’approche de cette date.

    La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) a modifié certaines dispositions de la procédure de rectification contradictoire, applicables aux contrôles engagés à compter du 1er janvier 2026. Ces ajustements restent limités et ne remettent pas en cause l’architecture générale de la procédure de contrôle fiscal.

    Sanctions financières : intérêts et majorations

    Une rectification a un coût, qui dépend directement du comportement retenu par l’administration. L’intérêt de retard, prévu à l’article 1727 du CGI, s’élève à 0,20 % par mois, soit 2,40 % par an, et s’applique sur toute créance fiscale mise à la charge du contribuable.

    Ce taux peut être réduit de moitié lorsque le contribuable dépose spontanément une déclaration rectificative de bonne foi, avant l’expiration du délai de reprise, accompagnée du paiement des droits correspondants. C’est un levier souvent sous-utilisé, alors qu’il peut alléger sensiblement la facture d’une régularisation.

    Au-delà de l’intérêt de retard, des majorations s’ajoutent selon la gravité du manquement constaté :

    Situation Majoration applicable Base légale
    Manquement délibéré établi par l’administration 40 % Article 1729 du CGI
    Manœuvres frauduleuses, dissimulation de prix, abus de droit à titre principal 80 % Article 1729 du CGI
    Abus de droit à rôle secondaire 40 % (au lieu de 80 %) Article 1729 du CGI
    Opposition à contrôle fiscal (taxation d’office) 100 % Article 1732 du CGI

    Il faut garder à l’esprit qu’une erreur constatée en contrôle n’entraîne pas automatiquement une majoration de 40 % ou 80 %. L’administration doit démontrer le caractère délibéré du manquement ou l’existence de manœuvres frauduleuses. Une simple erreur de bonne foi reste soumise au seul intérêt de retard.

    Bien préparer son contrôle fiscal : conclusion et prochaines étapes

    Face à un contrôle fiscal entreprise, l’anticipation fait la différence. Quelques réflexes limitent les difficultés :

    • Vérifier que l’adresse de domiciliation de l’entreprise est à jour, pour recevoir sans délai l’avis de vérification et la charte du contribuable vérifié.
    • Réunir en amont les grands livres, les factures, les contrats significatifs et les justificatifs des charges les plus sensibles.
    • Solliciter un conseil dès la réception de l’avis, sans attendre le début effectif de la vérification.
    • Documenter les opérations atypiques de l’exercice, notamment celles impliquant des parties liées ou des flux internationaux.
    • Envisager une régularisation spontanée si une erreur est identifiée avant l’expiration du délai de reprise.

    Un contrôle fiscal entreprise bien préparé se traduit presque toujours par une procédure plus courte et des échanges plus constructifs avec le vérificateur. GLOBALFI EXPERT accompagne les dirigeants de TPE-PME à Levallois-Perret et en Île-de-France dans la préparation des pièces, la relecture des propositions de rectification et le dialogue avec l’administration. Un échange en amont permet souvent d’éviter les erreurs de procédure les plus coûteuses.

    Questions fréquentes

    Combien de temps peut durer un contrôle fiscal pour une PME ?

    Pour les entreprises relevant du régime simplifié d’imposition, la vérification sur place est limitée à trois mois. Cette durée peut être portée à six mois si la comptabilité présente de graves irrégularités qui lui font perdre toute valeur probante.

    L’administration peut-elle remonter au-delà de trois ans ?

    Le délai de reprise de droit commun pour l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés et la TVA est de trois ans. Il peut être étendu à dix ans en cas d’activité occulte, de fausse domiciliation fiscale à l’étranger ou de flagrance fiscale.

    Puis-je me faire assister par un conseil pendant le contrôle fiscal ?

    Oui. L’article L47 du LPF prévoit que le contribuable peut se faire assister d’un conseil de son choix, qui n’a pas à appartenir à une profession réglementée, dès l’engagement de la vérification. Cette mention figure sur l’avis de vérification lui-même.

    Que se passe-t-il si l’administration ne remet pas la charte du contribuable vérifié ?

    L’envoi de l’avis de vérification et de la charte des droits et obligations du contribuable vérifié est obligatoire avant tout examen. Son absence peut entraîner la nullité de la procédure de vérification.

    Une régularisation spontanée en cours de contrôle réduit-elle les pénalités ?

    Le dépôt spontané d’une déclaration rectificative de bonne foi, avant l’expiration du délai de reprise et accompagné du paiement des droits, permet de réduire de moitié l’intérêt de retard.

    Quels sont les motifs qui déclenchent un contrôle fiscal d’entreprise ?

    L’administration croise les déclarations avec ses bases de données. Des écarts entre chiffre d’affaires et flux bancaires, un taux de marge éloigné du secteur, des crédits de TVA répétés ou une déclaration déposée hors délai constituent des signaux fréquents. Un contrôle peut aussi intervenir de façon aléatoire, sans anomalie préalable identifiée.

    Combien coûte un redressement fiscal en cas d’erreur de bonne foi ?

    Une erreur de bonne foi n’entraîne que l’intérêt de retard, soit 0,20 % par mois ou 2,40 % par an sur les droits rappelés. Les majorations de 40 % ou 80 % supposent que l’administration démontre un manquement délibéré ou des manœuvres frauduleuses. Ce point mérite d’être discuté dès la proposition de rectification.

    Que faire dès la réception de l’avis de vérification ?

    Vérifiez la présence de la charte du contribuable vérifié et la date d’intervention annoncée. Contactez votre expert-comptable avant le premier rendez-vous. Rassemblez grands livres, factures, contrats et justificatifs des charges sensibles. Ne transmettez aucun document sans en conserver une copie datée. Le délai minimum avant examen au fond vous laisse le temps de vous organiser.

    Sources

  • Domiciliation entreprise : bien choisir son adresse en 2026

    Domiciliation entreprise : bien choisir son adresse en 2026

    Choisir une adresse pour son entreprise n’est jamais un détail administratif. Les options de domiciliation d’entreprise engagent la structure sur plusieurs années, avec des règles différentes selon qu’elle s’installe chez son dirigeant, chez un domiciliataire agréé, en coworking ou dans des locaux loués. Une loi du 25 juin 2026 vient d’ajouter une nouvelle contrainte pour les sociétés de domiciliation, sans que le décret d’application ne soit encore publié. Voici ce qui change, pour qui, et ce qu’il faut vérifier avant de signer.

    Le cadre légal des options de domiciliation d’entreprise

    La domiciliation est encadrée par les articles L123-10 à L123-11-8 du code de commerce, complétés par la partie réglementaire aux articles R123-166-1 à R123-171. Ces textes organisent deux grands régimes : la domiciliation temporaire ou permanente chez le dirigeant, et la domiciliation collective auprès d’une société agréée.

    Le principe est simple : toute entreprise immatriculée doit avoir une adresse de domiciliation, qui figure au registre du commerce et des sociétés. Cette adresse détermine notamment le greffe compétent, les formalités déclaratives et, dans certains cas, le régime d’imposition. Le choix entre les différentes options de domiciliation d’entreprise dépend surtout de l’activité exercée, de l’accueil de clientèle nécessaire, et du budget disponible au démarrage.

    Pour un créateur qui hésite entre plusieurs statuts juridiques et régimes fiscaux, la question de la domiciliation se pose souvent en même temps que celle de la rémunération du dirigeant. Sur ce point, l’article sur le PFU flat tax dividendes ou barème progressif : comment choisir en 2026 ? apporte des repères complémentaires.

    Domicilier son entreprise chez soi : ce que permet la loi

    Depuis le 1er janvier 2023, une entreprise individuelle peut déclarer l’adresse de son local d’habitation comme adresse exclusive de l’entreprise, sans limitation de durée, dès lors qu’aucune clause contractuelle ni disposition légale ne s’y oppose. Cette déclaration n’entraîne pas de changement d’affectation des locaux et n’active pas le statut des baux commerciaux, même si l’activité y est exercée durablement.

    Pour une société, la logique est proche mais plus encadrée. Le représentant légal peut installer le siège social à son domicile personnel, sauf disposition contraire du bail ou du règlement de copropriété. Si une telle clause existe, la loi autorise malgré tout cette installation, mais pour une durée dérogatoire maximale de 5 ans à compter de la création de l’entreprise, sans jamais dépasser le terme légal, contractuel ou judiciaire de l’occupation des locaux.

    Concrètement, un dirigeant locataire dont le bail interdit tout usage professionnel peut donc domicilier sa société chez lui, à condition d’anticiper un changement d’adresse avant l’échéance des 5 ans. C’est un point de vigilance à intégrer dès la rédaction des statuts, pour éviter une régularisation dans l’urgence.

    La société de domiciliation : agrément et nouvelle obligation 2026

    Recourir à une société de domiciliation, comme un centre d’affaires ou un prestataire dédié à cette activité, suppose un contrat écrit, conclu pour une durée minimale de 3 mois, renouvelable par tacite reconduction sauf préavis de résiliation. Cette formule offre une adresse professionnelle distincte du domicile, souvent utile pour l’image commerciale ou pour préserver la confidentialité de l’adresse personnelle du dirigeant.

    Mais toute société proposant ce service doit détenir un agrément préfectoral, délivré par le préfet du département ou, à Paris, par le préfet de police. Cet agrément est valable 6 ans et repose sur plusieurs conditions : disposer de locaux dédiés, être propriétaire ou titulaire d’un bail commercial sur ces locaux, et présenter des garanties d’honorabilité pour les dirigeants de la société de domiciliation.

    La loi du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales ajoute une condition supplémentaire : les domiciliataires devront justifier d’une formation en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT). Les modalités pratiques de cette obligation restent à préciser par décret. Les entreprises déjà domiciliées auprès d’un prestataire agréé n’ont, à ce stade, aucune démarche à engager : c’est le domiciliataire qui devra se mettre en conformité lors du renouvellement de son agrément.

    Exercer une activité de domiciliation sans détenir cet agrément expose à des sanctions pénales : 6 mois d’emprisonnement et 7 500 € d’amende. Avant de signer un contrat, il est donc utile de vérifier que le prestataire choisi est bien agréé, et que son agrément est en cours de validité.

    Coworking et centre d’affaires : la domiciliation collective au quotidien

    Les espaces de coworking qui proposent une offre de domiciliation entrent dans le régime de la domiciliation collective décrit ci-dessus : ils doivent eux aussi être titulaires d’un agrément préfectoral. Pour un dirigeant, l’intérêt de cette option tient à sa souplesse : adresse professionnelle, réception du courrier, parfois accès ponctuel à des bureaux ou salles de réunion, le tout sans engagement sur un bail long.

    Cette formule convient bien aux activités de conseil, de services ou aux entreprises en phase de test qui ne reçoivent pas de clientèle régulière sur place. Elle reste en revanche mal adaptée à une activité commerciale avec accueil de public permanent, stockage de marchandises ou besoin d’un espace dédié durable. Dans ces cas, la question du bail se pose rapidement.

    Un point de vigilance mérite d’être signalé : la durée minimale de 3 mois du contrat de domiciliation collective n’empêche pas une reconduction tacite sur plusieurs années. Il faut donc relire les conditions de résiliation avant de s’engager, en particulier le délai de préavis, pour ne pas se retrouver bloqué en cas de déménagement du siège.

    Bail commercial, bail professionnel : quand ils s’imposent

    Lorsque l’activité nécessite des locaux propres, accueil de public, stockage ou production, la location classique reprend ses droits. Deux régimes principaux coexistent, avec des durées et des contraintes différentes.

    Type de bail Durée minimale Particularité Public concerné
    Bail commercial (3-6-9) 3 ans renouvelable par périodes de 6 et 9 ans Statut protecteur pour le locataire, droit au renouvellement Commerces, activités avec accueil de clientèle
    Bail professionnel 6 ans Préavis de résiliation de 6 mois pour le locataire Professions libérales, activités de service
    Domicile du dirigeant Sans limitation (entreprise individuelle) ou jusqu’à 5 ans en cas de clause contraire (société) Pas de changement d’affectation des locaux Activités sans réception de public
    Domiciliation collective Minimum 3 mois, renouvelable Contrat écrit avec prestataire agréé Sièges sociaux, activités de bureau

    Le bail commercial reste la solution la plus engageante financièrement, mais aussi la plus protectrice pour l’entreprise, grâce au droit au renouvellement qui lui est attaché. Le bail professionnel offre une durée plus courte à négocier mais impose un préavis pour sortir du contrat. Avant de signer l’un ou l’autre, il faut vérifier la destination autorisée des locaux dans le règlement de copropriété, et anticiper les charges qui accompagnent souvent le loyer.

    Ce qu’il faut faire maintenant

    La domiciliation d’entreprise n’est pas figée une fois pour toutes : elle peut évoluer avec la croissance de l’activité. Un créateur qui démarre seul optera souvent pour son domicile personnel ou une formule de coworking, avant de basculer vers un bail commercial ou professionnel quand l’équipe et les besoins en surface augmentent.

    Trois vérifications s’imposent avant toute décision : la clause du bail ou du règlement de copropriété si le siège est fixé au domicile du dirigeant, la validité de l’agrément préfectoral si l’on passe par un domiciliataire ou un espace de coworking, et la nature exacte du bail (commercial ou professionnel) si des locaux dédiés sont loués. Pour les sociétés déjà domiciliées chez un prestataire, il faudra aussi suivre l’évolution du décret d’application de la loi du 25 juin 2026 sur la formation LCB-FT des domiciliataires.

    GlobalFi Expert, cabinet d’expertise comptable à Levallois-Perret, accompagne les dirigeants de TPE-PME dans le choix de leur domiciliation et dans la structuration juridique de leur entreprise. Un point avec votre expert-comptable permet de sécuriser cette décision avant l’immatriculation ou à l’occasion d’un déménagement du siège. GlobalFi Expert vous reçoit au 6 rue Maryse Hilsz à Levallois-Perret, pour étudier avec vous l’option de domiciliation la mieux adaptée à votre activité en Île-de-France.

    Questions fréquentes

    Peut-on domicilier une société chez soi sans limite de durée ?

    Pour une entreprise individuelle, oui depuis le 1er janvier 2023, sauf clause contraire du bail ou du règlement de copropriété. Pour une société, la même règle s’applique, mais en cas de clause contraire, la domiciliation au domicile du dirigeant est limitée à 5 ans à compter de la création.

    Quelle est la durée minimale d’un contrat de domiciliation collective ?

    Le contrat écrit conclu avec une société de domiciliation agréée doit courir sur au moins 3 mois, renouvelable par tacite reconduction sauf préavis de résiliation.

    Que change la loi du 25 juin 2026 pour les sociétés de domiciliation ?

    Cette loi relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales ajoute une condition d’agrément : les domiciliataires devront justifier d’une formation en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Les modalités précises restent à fixer par décret.

    Quelle différence entre bail commercial et bail professionnel ?

    Le bail commercial classique s’engage sur une durée minimale de 3 ans renouvelable par périodes de 6 et 9 ans (structure dite 3-6-9). Le bail professionnel a une durée minimale de 6 ans, avec un préavis de résiliation de 6 mois pour le locataire.

    Exercer une activité de domiciliation sans agrément est-il risqué ?

    Oui. L’exercice de cette activité sans agrément préfectoral est puni de 6 mois d’emprisonnement et de 7 500 € d’amende.

    Peut-on changer de domiciliation en cours d’année ?

    Oui, un changement d’adresse de siège social est possible à tout moment. Il nécessite une décision des associés ou du dirigeant, une publication dans un journal d’annonces légales et une déclaration au greffe. Le cabinet GlobalFi Expert accompagne cette formalité.

    Sources

  • PFU flat tax dividendes ou barème progressif : comment choisir en 2026 ?

    PFU flat tax dividendes ou barème progressif : comment choisir en 2026 ?

    Vous vous versez des dividendes et vous ne savez pas si le PFU flat tax dividendes reste le bon choix depuis la hausse de 2026 ? Cette page répond aux questions concrètes que se pose tout dirigeant au moment de déclarer ses revenus mobiliers, avec la logique de simulation, le seuil de bascule et les règles de l’option globale annuelle.

    Qu’est-ce que le PFU flat tax dividendes exactement ?

    Le PFU, ou prélèvement forfaitaire unique, est communément appelé « flat tax ». C’est le régime fiscal de droit commun appliqué aux dividendes perçus par les personnes physiques résidentes fiscales de France.

    Son fonctionnement est simple : un taux global unique s’applique au montant brut du dividende, sans démarche particulière de votre part. Ce taux combine deux éléments :

    • une part impôt sur le revenu, fixée à 12,8 % ;
    • une part prélèvements sociaux, fixée à 18,6 % depuis le 1er janvier 2026 (contre 17,2 % auparavant).

    Le taux global du PFU flat tax dividendes atteint donc 31,4 % pour les dividendes perçus à compter du 1er janvier 2026, contre 30 % avant cette date. Cette hausse de 1,4 point change mécaniquement l’équilibre avec l’option pour le barème progressif, d’où l’intérêt de refaire le calcul cette année.

    Barème progressif : quels avantages pour mes dividendes ?

    Le barème progressif reste une option, jamais une obligation. Elle consiste à renoncer au PFU pour intégrer vos dividendes dans le calcul global de votre impôt sur le revenu, comme n’importe quel autre revenu du foyer.

    Trois mécanismes rendent cette option potentiellement intéressante :

    • un abattement de 40 % sur les dividendes éligibles, qui réduit l’assiette soumise au barème ;
    • la déduction de certains frais liés à la gestion de vos titres ;
    • une fraction de CSG déductible de 6,8 %, imputable sur le revenu imposable de l’année suivante.

    Attention : cet avantage ne joue que pour le calcul de l’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur l’intégralité du dividende brut, sans aucun abattement, que vous soyez au PFU ou au barème. C’est un point souvent mal compris par les dirigeants qui comparent les deux régimes.

    Comment simuler le choix entre PFU flat tax dividendes et barème progressif ?

    La bonne méthode consiste à calculer votre impôt dans les deux hypothèses, puis à comparer.

    Sous PFU : le calcul est immédiat. Vous appliquez 31,4 % au montant brut du dividende, sans abattement ni déduction.

    Sous barème progressif : vous appliquez l’abattement de 40 % sur le dividende, vous ajoutez le solde à vos autres revenus imposables du foyer, puis vous appliquez votre taux marginal d’imposition sur l’ensemble. Vous ajoutez ensuite les prélèvements sociaux de 18,6 % calculés sur le montant brut, sans abattement.

    Élément du calcul PFU (flat tax) Barème progressif
    Taux ou base IR 12,8 % sur le montant brut Barème après abattement de 40 %
    Prélèvements sociaux 18,6 % sur le montant brut 18,6 % sur le montant brut
    CSG déductible Non applicable 6,8 % déductible l’année suivante
    Portée de l’option Régime par défaut Globale, tous revenus mobiliers du foyer

    Pour fiabiliser ce calcul, appuyez-vous sur le simulateur officiel d’impôt sur le revenu proposé par l’administration fiscale. Il permet de tester les deux scénarios avec vos propres chiffres avant de cocher une case sur votre déclaration.

    Existe-t-il un seuil de bascule entre les deux régimes ?

    Oui, mais ce seuil n’est pas identique pour tous les foyers. Il dépend de votre taux marginal d’imposition, du montant de vos autres revenus et de votre revenu fiscal de référence global.

    Le principe reste constant : plus votre taux marginal d’imposition personnel est bas, plus le barème progressif devient compétitif face au PFU flat tax dividendes, grâce à l’abattement de 40 % qui réduit l’assiette taxable. À l’inverse, dès que votre taux marginal grimpe, le PFU redevient rapidement plus avantageux, car son taux de 31,4 % reste fixe quel que soit votre niveau de revenu.

    La hausse du taux du PFU au 1er janvier 2026, passé de 30 % à 31,4 %, déplace légèrement ce seuil de bascule en faveur du barème progressif pour les foyers aux revenus modérés. Ce déplacement justifie de refaire une simulation, même si vous aviez tranché en faveur du PFU les années précédentes.

    L’option pour le barème progressif est-elle globale ou puis-je choisir ligne par ligne ?

    Non, vous ne pouvez pas choisir dividende par dividende ou compte-titres par compte-titres. L’option pour le barème progressif est une option globale annuelle : dès que vous l’exercez, elle s’applique à l’ensemble des revenus et gains mobiliers de votre foyer fiscal pour l’année concernée, dividendes, intérêts, plus-values de cession de valeurs mobilières compris.

    Concrètement, vous formulez cette option chaque année sur votre déclaration 2042, en cochant la case 2OP. Il n’existe aucune possibilité de moduler ce choix par ligne de revenu ou par société distributrice : c’est tout ou rien pour l’année d’imposition.

    Que change la loi de finances 2026 sur la révocabilité de l’option ?

    Un changement important intervient avec la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026). Jusqu’ici, une fois l’option pour le barème progressif exercée sur la déclaration, elle était irrévocable pour l’année concernée, même si le calcul final se révélait moins favorable que le PFU.

    Ce n’est plus le cas pour l’imposition des revenus 2026 et des années suivantes : vous pouvez désormais revenir sur cette option si elle s’avère finalement moins avantageuse que le PFU flat tax dividendes, une fois l’ensemble de vos revenus connus.

    Un point de vigilance : l’option exercée en 2026 au titre des revenus 2025 reste, elle, irrévocable selon les anciennes règles. La nouvelle souplesse ne s’applique qu’à partir des revenus perçus en 2026.

    Comment fonctionne le prélèvement à la source sur mes dividendes ?

    Lors du versement de vos dividendes, votre établissement payeur (banque ou société) prélève automatiquement un acompte de 12,8 %, appelé prélèvement forfaitaire non libératoire. Ce prélèvement n’est qu’un acompte : il s’impute ensuite sur l’impôt définitif calculé lors de votre déclaration de revenus, que vous ayez opté pour le PFU ou pour le barème progressif.

    Une dispense de ce prélèvement à la source est possible si votre revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année (N-2) reste sous certains seuils.

    Situation du foyer Seuil de RFR N-2 pour dispense
    Personne seule 50 000 €
    Couple soumis à imposition commune 75 000 €

    Si vous êtes concerné, demandez cette dispense directement auprès de votre établissement payeur avant le versement des dividendes, afin d’éviter une avance de trésorerie inutile.

    Dirigeants aux revenus élevés : dois-je craindre la CEHR et la CDHR ?

    Si vos dividendes s’ajoutent à une rémunération et à d’autres revenus importants, deux contributions additionnelles peuvent s’appliquer, quel que soit le régime choisi pour vos dividendes.

    La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) représente 3 à 4 % du revenu fiscal de référence pour les foyers concernés. Elle se cumule avec l’impôt sur le revenu calculé selon le PFU ou le barème progressif.

    Depuis 2025, la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) s’ajoute potentiellement à ce dispositif. Reconduite par la loi de finances pour 2026, elle garantit un taux d’imposition minimal de 20 % pour les foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € pour une personne seule ou 500 000 € pour un couple. Si votre taux d’imposition effectif, CEHR comprise, reste sous ce plancher de 20 %, un complément est dû au titre de la CDHR.

    Ces deux contributions renforcent l’intérêt d’une simulation complète intégrant l’ensemble de vos revenus, et pas seulement vos dividendes, avant de choisir entre PFU et barème progressif.

    Questions fréquentes

    Le PFU s’applique-t-il automatiquement sur mes dividendes ?

    Oui. Le PFU flat tax dividendes est le régime par défaut, appliqué sans démarche de votre part. Si vous préférez le barème progressif, vous devez cocher la case 2OP sur votre déclaration de revenus.

    Puis-je changer d’avis après avoir opté pour le barème progressif ?

    Depuis la loi de finances pour 2026, oui, pour l’imposition des revenus 2026 et suivants. Vous pouvez renoncer à l’option pour le barème si elle se révèle moins favorable que le PFU une fois le calcul final effectué.

    L’abattement de 40 % s’applique-t-il aussi aux prélèvements sociaux ?

    Non. Cet abattement ne joue que pour le calcul de l’impôt sur le revenu en cas d’option pour le barème progressif. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent calculés sur le montant brut du dividende, sans aucun abattement.

    Comment éviter le prélèvement de 12,8 % à la source sur mes dividendes ?

    Vous pouvez demander une dispense de ce prélèvement forfaitaire non libératoire si votre revenu fiscal de référence de l’année N-2 est inférieur à 50 000 € pour une personne seule ou 75 000 € pour un couple soumis à imposition commune.

    La CDHR concerne-t-elle tous les dirigeants qui perçoivent des dividendes ?

    Non. Elle ne concerne que les foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € pour une personne seule ou 500 000 € pour un couple, afin de garantir un taux d’imposition minimal de 20 %.

    En résumé, quelle décision prendre pour vos dividendes ?

    Le choix entre PFU flat tax dividendes et barème progressif ne se tranche jamais dans l’absolu. Il dépend de votre taux marginal d’imposition, du niveau de vos autres revenus et, désormais, de la possibilité de revenir sur l’option si elle s’avère moins favorable. La hausse du taux du PFU au 1er janvier 2026 rend cette simulation d’autant plus utile cette année.

    Chez GLOBALFI EXPERT, à Levallois-Perret, nous accompagnons les dirigeants de TPE-PME dans cette simulation chiffrée, en tenant compte de l’ensemble de votre situation patrimoniale, CEHR et CDHR comprises. Contactez notre cabinet pour faire le point sur votre prochaine distribution de dividendes avant votre déclaration de revenus.

    Sources

  • Facturation électronique pour la restauration : 7 règles 2026

    Facturation électronique pour la restauration : 7 règles 2026

    La facturation électronique pour la restauration devient obligatoire à partir de septembre 2026 pour tous les établissements assujettis à la TVA. Cette réforme majeure concerne aussi bien les restaurants traditionnels que les boulangeries, cafés, hôtels et tous les professionnels du secteur CHR (Cafés, Hôtels, Restaurants). Comprendre les nouvelles obligations légales et techniques s’avère désormais indispensable pour éviter les sanctions et garantir la conformité de votre établissement.

    Sommaire

    Calendrier obligatoire : les dates clés de la réforme

    Le calendrier de déploiement de la facturation électronique pour la restauration s’étale sur plusieurs phases. La première échéance concerne la réception des factures électroniques, obligatoire pour toutes les entreprises dès le 1er septembre 2026, quelle que soit leur taille.

    Pour l’émission des factures B2B (entre professionnels), deux dates s’appliquent selon la taille de votre établissement. Les grandes entreprises et ETI doivent émettre électroniquement dès le 1er septembre 2026. Les PME, TPE et micro-entreprises bénéficient d’un délai supplémentaire jusqu’au 1er septembre 2027.

    L’e-reporting, qui concerne les ventes aux particuliers (B2C), suit également un calendrier progressif. Les petites structures du secteur de la restauration devront transmettre leurs données de ventes B2C à compter de septembre 2027.

    Cette organisation par paliers vise à faciliter l’adaptation progressive du tissu économique français à cette transformation numérique majeure encadrée par l’administration fiscale.

    Réception des factures : une obligation immédiate

    Dès le 1er septembre 2026, tous les restaurateurs assujettis à la TVA doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques de leurs fournisseurs. Cette obligation s’applique sans exception, y compris aux établissements en franchise en base de TVA.

    Concrètement, vos fournisseurs de denrées alimentaires, de boissons, d’équipements ou de services transmettront leurs factures au format électronique structuré via une plateforme agréée. Vous ne pourrez plus vous contenter d’un simple PDF reçu par email.

    L’obligation de réception implique de choisir et de paramétrer une plateforme de dématérialisation partenaire (PDP) avant l’échéance. Cette plateforme assurera la réception, le contrôle de conformité et l’archivage sécurisé de vos factures fournisseurs.

    Pour les restaurants de petite taille, cette première étape constitue le point d’entrée dans le système. Elle nécessite une anticipation technique et une formation minimale du personnel administratif pour garantir la continuité du traitement comptable.

    Émission B2B et seuil des 150 € HT

    La facturation électronique pour la restauration distingue deux catégories de clients : les professionnels (B2B) et les particuliers (B2C). Pour vos clients professionnels, l’émission de factures électroniques devient obligatoire selon le calendrier évoqué précédemment.

    Le seuil de 150 € HT constitue un repère opérationnel important. Au-delà de ce montant, ou dès qu’un client professionnel assujetti à la TVA demande une facture, celle-ci doit impérativement être émise au format électronique structuré et transmise via une plateforme agréée.

    En dessous de 150 € HT, une tolérance administrative permet de traiter la transaction de manière simplifiée, sans obligation immédiate de facturation électronique. Toutefois, si le client exige une facture conforme, vous devez la fournir quel que soit le montant.

    Cette distinction pratique facilite la gestion quotidienne des restaurants qui servent des professionnels pour des déjeuners d’affaires ou des événements corporate. Pour approfondir les obligations générales, consultez notre article sur les fondamentaux de la facturation électronique.

    L’article 289 bis du Code général des impôts encadre précisément ces opérations B2B domestiques entre assujettis. Le respect de ces dispositions légales garantit la conformité fiscale de votre établissement.

    E-reporting pour les ventes aux particuliers

    Les ventes aux clients particuliers qui viennent consommer dans votre restaurant ne donnent pas lieu à l’émission de factures électroniques. Un ticket de caisse ou une note reste suffisant pour ces transactions courantes.

    Toutefois, ces opérations B2C relèvent de l’e-reporting, c’est-à-dire de la transmission électronique de données de transaction à l’administration fiscale. Concrètement, vous devrez communiquer périodiquement des informations agrégées sur vos ventes aux particuliers.

    Cette obligation d’e-reporting s’appuie sur les données déjà collectées par votre caisse enregistreuse certifiée NF525. Depuis la loi anti-fraude TVA de 2018, tout restaurant français utilise une caisse conforme qui génère automatiquement un ticket Z journalier et mensuel, agrégeant les ventes par taux de TVA.

    L’intégration entre votre système de caisse NF525 et votre plateforme de dématérialisation permettra de transmettre automatiquement ces données à l’administration. Cette automatisation limite la charge administrative tout en garantissant l’exactitude des déclarations.

    Pour les restaurateurs, l’e-reporting représente davantage une évolution technique qu’une révolution organisationnelle, puisque les données sources existent déjà. L’enjeu réside dans le choix d’outils compatibles et interopérables.

    Plateforme agréée et infrastructure technique

    La mise en œuvre de la facturation électronique pour la restauration repose sur une infrastructure technique spécifique. Vous devrez obligatoirement passer par une plateforme de dématérialisation partenaire (PDP) agréée par l’administration fiscale.

    Ces plateformes assurent plusieurs fonctions cruciales : la réception et l’émission des factures, leur contrôle de conformité, leur transmission sécurisée et leur archivage légal pendant dix ans. Le choix de votre PDP constitue donc une décision stratégique.

    Le format Factur-X s’impose comme la norme obligatoire en France pour la facturation B2B. Ce format hybride combine un fichier PDF lisible et des données structurées XML, garantissant à la fois la lisibilité humaine et le traitement automatisé.

    La quasi-totalité des plateformes s’appuient sur le réseau Peppol (Pan-European Public Procurement OnLine) pour le transport sécurisé des factures électroniques. Ce réseau européen standardisé assure l’interopérabilité entre les différentes solutions du marché.

    Techniquement, votre plateforme devra s’interfacer avec votre logiciel de comptabilité et, idéalement, avec votre système de caisse. Cette intégration évite les ressaisies manuelles et sécurise le flux de données comptables. Pour comprendre les enjeux comptables globaux, consultez notre guide sur la comptabilité de restaurant.

    Le portail officiel de l’économie détaille l’ensemble des prérequis techniques et propose une liste actualisée des plateformes agréées.

    Sanctions encourues en cas de non-conformité

    Le non-respect des obligations relatives à la facturation électronique pour la restauration expose votre établissement à des sanctions financières substantielles. Le cadre répressif vise à garantir l’adhésion universelle au nouveau système.

    Une caisse enregistreuse non conforme à la certification NF525 entraîne une amende de 7 500 € par caisse. Cette sanction s’applique depuis 2018 mais reste d’actualité dans le contexte de l’e-reporting, puisque les caisses constituent la source primaire des données.

    L’absence ou l’irrégularité d’une facture obligatoire coûte 50 € par facture manquante, avec un plafond annuel fixé à 15 000 €. Pour un restaurant émettant régulièrement des factures B2B, ce plafond peut être rapidement atteint en cas de défaillance systémique.

    Le défaut de transmission des données d’e-reporting est sanctionné par une amende de 500 € par transmission manquante, selon l’article 1788 D du Code général des impôts. Cette pénalité est également plafonnée à 15 000 € par an.

    Au-delà des aspects financiers, les manquements répétés peuvent déclencher des contrôles fiscaux approfondis et nuire à la réputation professionnelle de votre établissement. La conformité préventive reste donc la stratégie la plus prudente et la plus économique.

    Les sanctions ne visent pas à pénaliser les erreurs de bonne foi, mais à encourager l’adoption généralisée du système. Un accompagnement professionnel adapté limite considérablement les risques d’infraction.

    Ce que peut faire votre expert-comptable

    GLOBALFI EXPERT, cabinet d’expertise comptable situé à Levallois-Perret, vous accompagne dans cette transition vers la facturation électronique pour la restauration. Nous auditions votre système d’information actuel, sélectionnons la plateforme de dématérialisation la plus adaptée à votre activité et assurons son paramétrage technique complet. Notre expertise sectorielle en CHR garantit une mise en conformité sereine, dans les délais légaux, tout en optimisant vos processus comptables pour gagner en efficacité opérationnelle.

    Sources

  • Plateforme agréée facturation électronique : 2 millions d’entités inscrites – Guide essentiel 2026

    Plateforme agréée facturation électronique : 2 millions d’entités inscrites – Guide essentiel 2026

    Facture manuelle évolution vers la facturation électronique.
    Evolution de la facturation manuelle vers la facturation électronique

    La plateforme agréée facturation électronique rassemble désormais 2 millions d’entités inscrites à l’annuaire national, dont un peu plus d’un million de déclarants de TVA. Cette étape marque l’accélération de la réforme de la facturation électronique obligatoire, qui concernera progressivement toutes les entreprises assujetties à la TVA en France dès septembre 2026.

    Sommaire

    L’annuaire national et les plateformes agréées : état des lieux

    L’annuaire national recense actuellement environ 2 millions d’entités inscrites. Parmi elles, un peu plus d’un million sont des déclarants de TVA effectifs. Ce chiffre représente environ 26 % des 4 millions de déclarants de TVA recensés l’année précédente.

    Environ 140 plateformes agréées ont été immatriculées par la DGFiP à l’été 2026. Au 11 juin 2026, plus de 130 plateformes étaient déjà enregistrées et opérationnelles. Ces opérateurs constituent les intermédiaires obligatoires pour la transmission et la réception des factures électroniques entre entreprises assujetties.

    Chaque entreprise assujettie doit choisir une plateforme pour recevoir ses factures. Elle peut également choisir une plateforme différente pour émettre ses factures, ou utiliser le portail public de facturation mis à disposition gratuitement par l’administration fiscale. Le choix de la plateforme de réception conditionne l’inscription dans l’annuaire national, consultable par tous les partenaires commerciaux.

    L’inscription à l’annuaire permet aux fournisseurs d’identifier la plateforme de réception de leurs clients. Cette information garantit l’acheminement correct des factures électroniques via le circuit d’interopérabilité entre plateformes. Pour plus d’informations sur l’obligation, consultez le site officiel des impôts.

    Plateforme agréée facturation électronique : obligations selon le calendrier

    L’article 289 bis du Code général des impôts instaure l’obligation pour toutes les entreprises assujetties à la TVA en France d’émettre et recevoir leurs factures au format électronique via une plateforme de dématérialisation. Le texte précise que « l’émission, la transmission et la réception des factures s’opèrent sous une forme électronique selon des normes de facturation électronique définies par arrêté du ministre chargé du budget ».

    Le calendrier progressif s’articule en deux volets distincts : réception et émission. À compter du 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties doivent obligatoirement recourir à une plateforme agréée pour recevoir leurs factures électroniques, quelle que soit leur taille. Cette obligation de réception s’applique uniformément à toutes les catégories d’entreprises.

    L’obligation d’émission suit un calendrier dégressif défini par l’article 3 du décret n°2022-1299 du 7 octobre 2022. À partir du 1er septembre 2026, les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) doivent émettre leurs factures électroniquement. Une grande entreprise emploie au moins 5 000 salariés ou réalise un chiffre d’affaires d’au moins 1,5 milliard d’euros. Une ETI emploie entre 250 et 4 999 salariés ou réalise un chiffre d’affaires inférieur à 1,5 milliard d’euros.

    À partir du 1er septembre 2027, l’obligation d’émission s’étend aux PME et microentreprises. L’ensemble des entreprises assujetties sera alors soumis à la double obligation de réception et d’émission. Pour comprendre l’impact sur votre déclaration, consultez notre article sur la TVA et ses obligations déclaratives.

    Les formats structurés et normes techniques exigés

    Les factures électroniques doivent respecter des formats structurés permettant un traitement automatisé. Les plateformes agréées assurent la conversion obligatoire vers trois formats normalisés : Factur-X, UBL (Universal Business Language) et CII (Cross Industry Invoice).

    Le format Factur-X, développé conjointement par la France et l’Allemagne, combine un fichier PDF lisible par l’humain et des données XML structurées exploitables automatiquement. Ce format hybride facilite la transition pour les entreprises habituées aux factures PDF traditionnelles.

    Le format UBL est une norme internationale XML largement utilisée dans les échanges commerciaux européens. Le format CII, également basé sur XML, répond aux standards internationaux définis par les Nations Unies. Ces trois formats garantissent l’interopérabilité entre plateformes et la conformité légale des factures.

    Les plateformes agréées prennent en charge la conversion automatique des factures reçues dans d’autres formats vers ces normes. Cette fonctionnalité simplifie l’adoption pour les entreprises dont les logiciels de facturation ne génèrent pas nativement ces formats structurés. La conformité technique relève de la responsabilité des opérateurs de plateformes, immatriculés et contrôlés par la DGFiP.

    E-reporting : transmission obligatoire des données de transaction

    L’obligation d’e-reporting accompagne la facturation électronique. Elle consiste en la transmission systématique de données de transaction à l’administration fiscale, même en l’absence de facture électronique. Cette obligation couvre trois catégories d’opérations spécifiques.

    Les opérations B2C (business to consumer) vers des particuliers ne génèrent généralement pas de factures électroniques structurées. Les entreprises doivent néanmoins transmettre les données de ces transactions via leur plateforme agréée. Cette transmission permet à l’administration fiscale de croiser les données déclaratives avec les flux réels.

    Les transactions internationales B2B (business to business) avec des partenaires hors de France entrent également dans le périmètre de l’e-reporting. Les factures transfrontalières ne transitent pas par le circuit français de facturation électronique, mais leurs données doivent être rapportées. Pour plus de détails sur les échanges intracommunautaires, consultez le portail Service-Public.

    Les prestations soumises à TVA sur les encaissements constituent la troisième catégorie concernée. Le régime dérogatoire de TVA sur les débits ne s’appliquant pas à ces opérations, leur suivi spécifique via l’e-reporting s’impose. La plateforme transmet ces données au format structuré selon les spécifications techniques définies par l’administration.

    Certification ISO/IEC 27001 et garanties de sécurité

    Les plateformes agréées sont tenues de disposer de la certification ISO/IEC 27001 relative à la sécurité de l’information. Cette norme internationale établit les exigences pour un système de management de la sécurité de l’information (SMSI). Elle garantit la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité des données hébergées et traitées.

    La confidentialité assure que les informations commerciales sensibles contenues dans les factures ne sont accessibles qu’aux parties autorisées. L’intégrité garantit que les données ne peuvent être modifiées ou altérées sans détection. La disponibilité impose aux plateformes de maintenir un niveau de service permettant l’accès continu aux factures et aux données.

    Des audits réguliers, réalisés par des organismes certificateurs indépendants, vérifient le maintien de la conformité à la norme ISO/IEC 27001. Ces contrôles périodiques constituent une condition du maintien de l’agrément délivré par la DGFiP. Toute plateforme perdant sa certification s’expose au retrait de son immatriculation.

    La sécurité des données constitue un enjeu majeur pour les entreprises. Le choix d’une plateforme certifiée garantit le respect des obligations légales en matière de protection des données personnelles et commerciales. Les entreprises peuvent vérifier le statut de certification de leur plateforme auprès des organismes certificateurs accrédités.

    Nouvelles mentions obligatoires sur les factures

    Le décret n°2022-1299 du 7 octobre 2022 ajoute quatre mentions obligatoires sur les factures électroniques. Ces informations complémentaires facilitent le contrôle fiscal et l’automatisation du traitement des factures. Leur absence rend la facture non conforme et expose l’entreprise à des sanctions.

    Le numéro SIREN du client doit désormais figurer systématiquement sur toutes les factures. Cette mention permet l’identification certaine du destinataire dans l’annuaire national et garantit l’acheminement correct via les plateformes. L’adresse de livraison, distincte de l’adresse de facturation, devient également obligatoire lorsqu’elle diffère.

    La nature de l’opération doit être précisée : livraison de biens ou prestation de services. Cette information conditionne l’application des règles de territorialité de la TVA et le régime d’exigibilité applicable. Pour approfondir ces règles, consultez notre article sur la territorialité de la TVA.

    La mention relative à la TVA sur les débits apparaît obligatoire pour les prestations de services soumises à ce régime dérogatoire. Cette indication explicite évite toute ambiguïté sur le moment d’exigibilité de la taxe. Les opérations de livraison de biens, soumises de plein droit à TVA sur les débits, nécessitent également cette précision.

    Comment choisir votre plateforme agréée

    Le choix d’une plateforme agréée répond à plusieurs critères pratiques et stratégiques. La première question concerne l’intégration avec votre système d’information existant. Certaines plateformes proposent des connecteurs natifs avec les principaux logiciels de comptabilité et ERP du marché. Cette interopérabilité technique simplifie le déploiement et limite les ressaisies manuelles.

    Le modèle tarifaire constitue un critère déterminant. Certaines plateformes facturent au volume de factures traitées, d’autres proposent des forfaits mensuels ou annuels. Le portail public de facturation, gratuit, convient aux petites structures avec des volumes limités. Les entreprises à fort volume privilégient souvent des solutions payantes offrant des fonctionnalités avancées.

    Les services complémentaires différencient les opérateurs. Certaines plateformes proposent l’archivage légal des factures pendant la durée obligatoire de conservation. D’autres offrent des outils de gestion des relances, de rapprochement bancaire ou de suivi de trésorerie. L’étendue fonctionnelle doit correspondre aux besoins spécifiques de votre entreprise.

    La qualité du support technique et de l’accompagnement lors du déploiement mérite attention. La transition vers la facturation électronique implique des adaptations organisationnelles et techniques. Un opérateur proposant formation, documentation et assistance réactive facilite cette transformation. Les retours d’expérience d’entreprises comparables constituent des indicateurs précieux pour votre choix.

    Ce que peut faire votre expert-comptable

    GLOBALFI EXPERT vous accompagne dans le choix et le déploiement de votre plateforme agréée facturation électronique. Nous analysons vos flux de facturation, votre système d’information et vos contraintes métier pour identifier la solution optimale. Notre expertise garantit la conformité légale de votre dispositif et la sécurisation de vos obligations fiscales. Contactez nos équipes à Levallois-Perret pour bénéficier d’un accompagnement personnalisé et anticiper sereinement les échéances de septembre 2026 et 2027.

    Sources

  • Facturation électronique 1er septembre 2026 : guide complet

    Facturation électronique 1er septembre 2026 : guide complet

    La facturation électronique 1er septembre 2026 marque un tournant majeur pour toutes les entreprises françaises assujetties à la TVA. Contrairement aux craintes de nombreux dirigeants, aucun report n’a été annoncé : la date butoir est maintenue et la généralisation de l’e-invoicing se fera en deux vagues successives. Que vous soyez à la tête d’une grande entreprise, d’une PME ou micro-entrepreneur, cette réforme transformera en profondeur vos processus de facturation et vos obligations fiscales.

    Ce qu’il faut retenir

    • Au 1er septembre 2026, toutes les entreprises devront être en mesure de recevoir des factures électroniques.
    • L’obligation d’émission s’applique aux grandes entreprises et ETI dès septembre 2026, puis aux PME, TPE et micro-entreprises en septembre 2027.
    • Le passage se fait via une plateforme agréée : le choix et le paramétrage se préparent dès maintenant, pas à la veille de l’échéance.
    • Votre expert-comptable peut piloter la transition de bout en bout — outils, mentions obligatoires et organisation interne.

    Sommaire

    Le calendrier définitif de la réforme

    Le gouvernement a confirmé le maintien du calendrier sans nouveau report. Dès le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA devront être en mesure de recevoir des factures électroniques, quelle que soit leur taille. Cette obligation de réception concerne aussi bien les multinationales que les auto-entrepreneurs.

    Échéance Qui est concerné Obligation
    1er septembre 2026 Toutes les entreprises établies en France Être en mesure de recevoir des factures électroniques
    1er septembre 2026 Grandes entreprises et ETI Émettre des factures électroniques et transmettre le e-reporting
    1er septembre 2027 PME, TPE et micro-entreprises Émettre des factures électroniques et transmettre le e-reporting

    Pour l’émission, la mise en œuvre s’échelonne selon deux vagues distinctes. Les grandes entreprises et entreprises de taille intermédiaire (ETI) devront émettre leurs factures au format électronique et transmettre leurs données de transaction (e-reporting) dès le 1er septembre 2026. Les TPE et PME bénéficient d’un délai supplémentaire : elles seront tenues d’émettre des factures électroniques à partir du 1er septembre 2027.

    Ce phasage progressif vise à accompagner les structures les plus petites dans leur transition numérique. Pour autant, la préparation doit débuter dès maintenant pour garantir une mise en conformité sereine. Vous pouvez consulter le calendrier officiel sur le site des impôts pour suivre les dernières actualisations.

    Qui est concerné par la facturation électronique obligatoire

    Le périmètre de la réforme est large : tous les assujettis à la TVA établis en France sont concernés, quel que soit leur régime fiscal, leur forme juridique ou leur chiffre d’affaires. Cela inclut les sociétés commerciales, les professions libérales, les artisans, les commerçants et même les associations assujetties.

    Point crucial souvent méconnu : les micro-entrepreneurs en franchise en base de TVA sont également soumis à cette obligation. Bien qu’ils ne collectent pas la TVA, ils restent juridiquement assujettis et doivent donc respecter les règles de facturation électronique, tant en réception qu’en émission à partir de septembre 2027.

    Le champ d’application géographique se limite aux transactions B2B domestiques, c’est-à-dire entre entreprises établies en France. Les factures émises vers des clients étrangers ou reçues de fournisseurs hors de France ne sont pas concernées par cette réforme. La distinction entre opérations nationales et internationales devra donc être clairement identifiée dans vos systèmes de gestion.

    Cette universalité de l’obligation nécessite une préparation adaptée à chaque type de structure. Notre article sur la gestion comptable des TPE détaille les enjeux spécifiques pour les petites entreprises.

    Les nouvelles mentions obligatoires sur vos factures

    À compter du 1er septembre 2026, vos factures devront comporter des mentions supplémentaires obligatoires pour être conformes. Parmi les nouveautés : le numéro SIREN du client devra figurer sur chaque facture, facilitant ainsi l’identification automatique des entreprises dans les flux dématérialisés.

    La catégorie de l’opération devra également être précisée, permettant à l’administration fiscale de classer automatiquement les transactions. Si votre entreprise a opté pour le paiement de la TVA sur les débits plutôt que sur les encaissements, cette option devra être mentionnée explicitement. Enfin, lorsque l’adresse de livraison diffère de l’adresse de facturation, elle devra impérativement apparaître.

    Ces données s’inscriront dans un fichier structuré conforme à la norme européenne EN 16931. Les formats retenus par l’administration française sont Factur-X, UBL et CII. Chaque facture électronique embarquera environ 34 données exploitables automatiquement, permettant une pré-remplissage des déclarations de TVA et un contrôle fiscal modernisé.

    Cette standardisation représente une opportunité d’automatisation comptable significative. Les logiciels compatibles pourront extraire automatiquement ces données structurées, réduisant considérablement les saisies manuelles et les risques d’erreur.

    Choisir sa plateforme de dématérialisation agréée

    Chaque entreprise devra désigner sa plateforme pour émettre et recevoir ses factures électroniques ou déclarer ses données de transaction. La direction générale des Finances publiques publie et met à jour régulièrement la liste des plateformes immatriculées sur impots.gouv.fr.

    Actuellement, 101 plateformes ont obtenu l’agrément de l’administration fiscale. Ce nombre continuera d’augmenter dans les mois à venir. Ces plateformes se divisent en deux catégories : les plateformes de dématérialisation partenaires (PDP) qui offrent des services complets de gestion des factures, et le portail public de facturation (PPF) géré directement par l’État.

    Pour les transactions avec le secteur public, Chorus Pro reste la plateforme de référence et continuera d’être utilisée à partir de 2026. Les entreprises travaillant à la fois avec des clients publics et privés devront donc potentiellement jongler entre plusieurs interfaces.

    Le choix de votre plateforme dépend de plusieurs critères : volume de factures, intégration avec votre logiciel de comptabilité existant, services complémentaires proposés (archivage, relance, analyse), et bien sûr tarification. Certaines plateformes s’adressent spécifiquement aux TPE avec des forfaits accessibles, tandis que d’autres ciblent les grands groupes avec des fonctionnalités avancées. Notre guide sur le choix d’un logiciel de facturation vous aidera dans cette démarche.

    La piste d’audit fiable reste d’actualité

    Contrairement à une idée reçue, l’obligation de piste d’audit fiable (PAF) n’a pas été supprimée par la réforme. L’article 289 VII du Code général des impôts impose depuis le 1er janvier 2014 aux entreprises de garantir l’authenticité de l’origine, l’intégrité du contenu et la lisibilité de leurs factures.

    La PAF consiste en une documentation permettant de relier chaque facture à son opération sous-jacente : bons de commande, bons de livraison, preuves de paiement, etc. Cette traçabilité doit être conservée et présentable en cas de contrôle fiscal.

    Deux exceptions dispensent de PAF : l’utilisation exclusive de l’EDI fiscal (norme EDIFACT) pour les échanges de factures, et le recours à une signature électronique qualifiée ou avancée avec certificat qualifié. Dans ces deux cas, les garanties de sécurité sont considérées comme suffisantes par l’administration.

    Pour les entreprises utilisant les formats Factur-X, UBL ou CII sans signature électronique qualifiée, la documentation PAF demeure donc obligatoire. Concrètement, vos systèmes d’information doivent permettre de retrouver l’historique complet de chaque transaction, de la commande au paiement. Cette exigence implique souvent une refonte des processus et des outils de gestion documentaire.

    Phase de bienveillance : quelles tolérances

    L’administration fiscale a annoncé une période de tolérance et de bienveillance pour accompagner le démarrage de la réforme. Cette approche pragmatique reconnaît que des difficultés techniques ou organisationnelles peuvent survenir lors d’un changement de cette ampleur.

    Concrètement, les sanctions sévères ne seront pas appliquées immédiatement en septembre 2026. Les entreprises qui rencontreraient des problèmes transitoires (dysfonctionnements de plateforme, difficultés d’interfaçage, erreurs de paramétrage) ne seront pas pénalisées si elles démontrent leur bonne foi et leur engagement dans la démarche de mise en conformité.

    Cette phase de transition couvrira les années 2026 et 2027. À partir de 2028, l’administration appliquera pleinement le régime de sanctions prévu, qui peut inclure des amendes significatives pour défaut d’émission ou de réception de factures électroniques, ou pour transmission de données erronées.

    Il ne faut toutefois pas interpréter cette bienveillance comme un nouveau report. Les entreprises doivent impérativement se préparer et être techniquement prêtes aux dates butoirs. La tolérance concerne les incidents techniques ponctuels, pas les entreprises qui n’auraient entrepris aucune démarche. Consultez service-public.fr pour connaître vos obligations en détail.

    Ce que peut faire votre expert-comptable

    Face à cette transformation digitale majeure, votre expert-comptable devient un partenaire indispensable. Chez GLOBALFI EXPERT à Levallois-Perret, nous accompagnons nos clients dans toutes les étapes de la transition : diagnostic de l’existant, sélection de la plateforme adaptée, paramétrage des flux, formation des équipes et documentation de la piste d’audit fiable. Notre expertise garantit une mise en conformité sereine et optimise vos processus comptables pour tirer pleinement parti de l’automatisation permise par la facturation électronique.

    Sources